Je suis née le 25 octobre 1951 à Bourg St-Maurice, en Savoie, où mes parents, amenés là pour des raisons professionnelles, s’étaient rencontrés. La famille de mon père était originaire d’un petit village de l’Oisans, et ma mère était fille d’immigrés italiens venus chercher du travail dans la vallée de la Romanche.
J’ai passé mon enfance, mon adolescence et ma jeunesse jusqu'à l'âge de 21 ans à Grenoble, où j’ai suivi des études de lettres. En 1970, ma réussite au concours des IPES, passé le jour de la mort de mon père, m’a permis de quitter avec soulagement le vénéneux domicile maternel et de m’assumer seule. En 1973, deux évènements d’importance : naissance de mon fils Raphaël, et succès au CAPES, suivi d’une nomination de professeur de français dans un petit village vendéen où j’ai vécu 2 ans de purgatoire.
Retour de Vendée en 76 : j’ai gagné à l’ennui de l’exil un homme et un enfant de plus, ma petite Chloé. L’éducation nationale me propose un poste au Bois d’Oingt, dans un collège paisible au milieu des vignes, orienté comme un sanatorium. Je suis tombée amoureuse de l’endroit et ai su, immédiatement, que j’y prendrais ma retraite. L’enseignement m’y a été un bonheur et une source d’épanouissement. Ce qui ne m’a pas évité une crise personnelle et multiple, due notamment à un drame intime, et génératrice de désordres affectifs graves dans les années 83-84.
C’est à la suite de cette crise que sont nées d’abord « La Femme de Papier » en juin 89, puis ma dernière fille Flavie, en juin 90.
Pendant 10 ans, j’allais mener de front mes deux carrières, de professeur et d’écrivain, avec cette gageure de n'écrire ostensiblement que sur le thème du sexe, et de ne connaître parallèlement aucun problème dans le milieu pédagogique.
En 99, à la suite d’ennuis de santé assez invalidants, en tout cas suffisamment pénibles pour atteindre à la bonne humeur constante dont je me faisais une règle et un honneur dans ma profession, j’ai décidé de prendre ma retraite de l’éducation nationale.
Ce départ a marqué un nouveau tournant dans ma vie, coïncidant avec d’autres faits marquants, la naissance de mon premier petit-fils, (j’en ai 6 à ce jour) l’apparition de mon nouvel âge de femme que j’ai assimilé à un véritable séisme, et une intervention chirurgicale qui m'a dotée d'une prothèse de hanche et de pas mal de complications douloureuses.
Aujourd’hui, j’écris toujours, mais je m'essaie à d’autres domaines de l’écriture, puisque mes œuvres passées m’ont, étrangement, ouvert des portes inattendues.
La sexologie et la psychiatrie se sont intéressées à moi, m'ont proposé des interventions, des sujets d’études et de chroniques...
Je travaille en ce sens, à partir d'observations médico-légales, et aussi dans des domaines plus fantaisistes, plus poétiques et plus personnels.Mais il m'est difficile d'échapper à mon étiquette d'écrivain érotique, et les éditeurs, généralement, s'avouent désarçonnés par la teneur des textes que je leur soumets, et refusent le risque de décevoir, en les publiant, mon lectorat habituel. On me conseille même de changer de pseudonyme, à quoi j'aime répondre que Françoise Rey est mon vrai nom, et que j'entends en signer chacune de mes œuvres, fût-elle très éloignée de mon premier livre, voire totalement étrangère à l'univers sensuel qui a fait ma notoriété ces 20 dernières années.
Avec la Femme de Papier, j'avais défrayé la chronique parce que je secouais sans ménagement les conventions et les tabous. Aujourd'hui, avec le recul, je trouve essentiel de l'avoir écrit à visage découvert, mais aussi essentiel de m'en affranchir ouvertement.
On peut lire de moi ici ou là : "Elle explore les fantasmes les plus variés avec une grande tendresse mêlée d’une incorrigible impertinence; tour à tour torrides, humoristiques, sensuels ou romantiques, mais toujours dotés d’une dimension psychologique, ses récits charment bien au-delà de la simple étiquette érotique. Elle se révèle écrivain d’une très grande sensibilité, mettant à portée de tous sa vision pertinente et délicieusement féminines des relations entre hommes et femmes", J’aurais tort de bouder un tel portrait. J’espère seulement qu’il n’est ni exhaustif, ni définitif.
  • Il effleure le début de mes seins, repart à mon omoplate, courbe son visage jusqu'à moi, m'embrasse doucement entre lobe et maxillaire,
    dans un petit nid à frissons qu'il révolutionne de son souffle ardent, de sa bouche tendre...
  • Je suis à genoux entre tes jambes, ta servante, ton humble esclave
    et pourtant ta maîtresse, et mes mains se rappellent des millénaires
    de savoir-faire, de savoir-plaire.
  • Qui ? Qui ? reprit-elle avec une exaspération enrouée. Tu demandes qui ?
    Mais celle qui porte le nom de la mort, le glaïeul glacé,
    la Gladys glaçante, glagla, qui glapit votre glas !
  • Il y a un tambour dans ta poitrine, et tu pousses de petits soupirs
    qui viennent mourir dans mon cou.
  • Tu as glissé tes deux index sous la petite dentelle,
    et tu suis du bout des doigts ce chemin balisé.
  • Emporte tes plus jolis mots, ton cri d'animal blessé, ton soupir d'après la joie.
  • Voyons ça ! Ah ! je tiens le plantoir ! Eh bien ! Satané manche !
    Ça doit vous enfoncer la graine bien net, bien droit, un engin pareil !
  • Cher, cher ogre, tu tenais bien tes promesses : tu me mangeais toute crue,
    moi et mes retenues, et mes pudeurs, et mes frousses,
    et je m'essoufflais à garder ta cadence de géant...
  • Qu'est-ce qui peut t'intéresser encore chez une femme
    que tu as déshabillée, dont la pudeur a capitulé
    sous tes regards, gémi sous tes caresses, crié dans l'étreinte ?

 
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